Shadow et l’appli qui a fait planter la primaire dans l’Iowa

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Le fiasco de la primaire démocrate dans l’Iowa est en large partie dû à une application développée par une petite entreprise, Shadow, liée à l’effort du parti démocrate pour concurrencer le camp républicain sur le terrain du numérique.

Deux vainqueurs et un grand perdant. Les résultats partiels de la primaire démocrate américaine dans l’Iowa ont donné Pete Buttigieg au coude-à-coude avec Bernie Sanders, mardi 4 février. Mais plus l’identité du candidat démocrate désigné dans cet État, c’est l’echec technologique qui a surtout retenu l’attention.

“Cauchemardesque”, “chaos”, “mascarade” ont été quelques-uns des termes employés par les commentateurs pour qualifier la débâcle du décompte des bulletins. La publication des premiers résultats a dû être repoussée de près de 24 heures à cause de nombreux problèmes rencontrés avec IowaReporterApp, l’application pour smartphone utilisée pour transférer les chiffres officiels de chaque district de l’Iowa.

Bugs en série

“C’est un rappel important que les systèmes de vote intégralement électronique ne sont pas encore prêts pour des échéances électorales importantes”, a souligné Alex Halderman, professeur d’informatique à l’université du Michigan, interrogé par le New York Times.

Ironiquement, le parti démocrate de l’Iowa avait opté pour une solution technologique après avoir rejeté l’alternative de l’envoi des résultats par téléphone, jugée trop peu fiable. Mais l’application a rapidement montré ses propres limites. Selon plusieurs témoignages recueillis par les médias américains, l’appli était difficile à télécharger et à installer, les codes de sécurité pour pouvoir l’utiliser ne fonctionnaient pas toujours, et les résultats n’étaient pas transférés dans leur intégralité. Lorsqu’en désespoir de cause, les responsables locaux en sont revenus au bon vieux téléphone pour transmettre les résultats, les lignes étaient saturées…

Cette accumulation de problèmes a jeté un profond discrédit sur ce premier scrutin de la course à la primaire démocrate, pendant que les candidats cherchaient à comprendre les raisons de ce raté. Mais les responsables du parti démocrate refusaient “jusqu’à dire qui avait créé l’application”, souligne le New York Times. Il a fallu attendre un article du Huffington Post, publié mardi 4 février, pour apprendre que l’entreprise derrière ce fiasco techno était une petite structure de Denver intimement liée à l’appareil démocrate, appelée Shadow.

La société n’a pas tardé, alors, à exprimer sur Twitter “ses regrets les plus sincères”, assurant “avoir tiré les leçons de cette affaire”. Mais Shadow n’a pas jugé utile de préciser l’origine des problèmes techniques rencontrés.

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